mercredi, 05 mars 2008
L'aveugle
Ce vieil homme seul,
Là, errant dans les rues.
Pour lui, les feuilles
Sont des êtres déchus,
Les ombres n’existent pas,
Aucune éclaircie pour s’immiscer,
Au grès de ses pas.
Lent, toujours aux aguets,
Une lutte de chaque instant,
Partout, règne un danger,
Même dans le souffle du vent,
Ca, il ne peut y échapper.
Malade, il est gêné,
Ses tourments n’ont point d’image,
Qu'une représentation par l’abstrait,
Doucement, se tournent les pages,
De son histoire, invisible
A ses yeux, les objets.
Aucune couleur, tout est miscible.
Un arbre n’est que tronc.
Ne sachant de quoi il a peur
Il avance à tâtons,
Ses pensées broient l’horreur,
Sa canne blanche,
Elle qu’il ne peut voir,
Heurte les branches
Qui traînent sur le trottoir.
Les regards sans fond,
Il ne peut les apprécier,
Le temps est long,
Il voudrait s’éventrer.
13:34 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : aveugle, poème, ancien